Présentation et finalité de la "Recherche Utilitaire".

 


SOMMAIRE
 

La DISCIPLINE

Introduction.
P
résentation de la Recherche Utilitaire dite "RU"

Principes de la "Recherche Utilitaire"
 

Les ODEURS

La trace
Evolution de la trace
Les modifications structurelles de l'odeur
Les déplacements mécaniques des molécules odorantes

Le VENT et les ODEURS

L'odeur versus fumée
L'incidence du vent

L'absence de vent
Le vent léger
Le vent fort
Le vent dans les bois
Le vent et les zones humides
Le vent et les zones dégagées
Le vent intermittent et turbulent.

Le CHIEN

Les facultés olfactives du chien.
La recherche du chien
.
L'apprentissage du chien.
Quels sont les chiens qui peuvent faire de la recherche ?

Le "CONDUCTEUR"

Les entraînements.
Les exercices.
Comportements du "conducteur".

La PRATIQUE

Les difficultés de la discipline.
Les avantages de la discipline.
Les stages de RU
Matériels.
Conclusion.

La TRACE au SOL

Concevoir une piste de recherche.
L'aire de départ.

(en préparation)

Les difficultés
L'arrivée.

Marcher en laissant le maximum de résiduel de son odeur sur la piste.
Poser les objets pour favoriser la  progression du chien.
 

CONCLUSION

Conclusion.

 

STATISTIQUES

Quelles statistiques quant aux résultats sur des épreuves RU depuis 2010.
 


LA DISCIPLINE


Introduction:

Basée sur le principe de la recherche opérationnelle de personne disparue, l’activité canine "Recherche Utilitaire", associée à l'idée flatteuse "humanitaire", attire de plus en plus de personnes en quête de pratiquer une activité originale de plein air avec son chien. De façon intrinsèque cette pratique semble relativement simple puisque de fait l’image qu’il en est donnée est qu’il  suffirait de suivre son chien.

La réalité est bien plus complexe et passés les premiers essais qui peuvent paraitre encourageants, le futur "conducteur" du chien de recherche va vite se trouver confronté à un réalisme parfois en inadéquation autant avec ses habitudes qu'avec sa façon de penser.

Pour persévérer vers son idée première et pour arriver à des résultats satisfaisants, le futur conducteur devra :

  • faire abstraction au raisonnement  anthropomorphique pour pouvoir suivre, de façon aveugle, la progression du chien dans le monde des odeurs.

  • accepter la désobéissance positive du chien.

  • analyser les comportements de son chien tout au long d'une recherche.

  • acquérir de nouveaux reflexes de "conduite".

  • apprivoiser l'environnement : support indissociable du résultat de cette activité

Il lui sera également nécessaire d'ajouter à tout cela, la patience, la constance, l’abnégation, l’humilité et bien d’autres choses….

Le présent texte n’a aucune prétention, il se veut juste une vulgarisation de données techniques qui brossent le décor dans lequel évolue le chien en recherche.

 

Présentation de la "Recherche Utilitaire" dite RU:

La recherche de personnes disparues dite "Recherche Utilitaire" s'inscrit dans le cadre des activités cynophiles d'utilisation auprès de la Société Centrale Canine.

Cette activité est placée sous l'autorité de la CUN-CBG. Un groupe de travail dit "GTRU" en assure sa mise en application et son contrôle en regard d'un règlement spécifique. (Règlement des épreuves de Recherche Utilitaire).

La pratique de cette activité est ouverte à tous les chiens LOF et non LOF en possession d'une licence d'utilisation en cours de validité, rattachée soit à un club canin accrédité, soit à une régionale canine. Le "conducteur" autorisé à conduire le chien doit en être le propriétaire ou posséder une licence dite "licence conducteur".

Des épreuves de Recherche Utilitaire sont régulièrement organisées sur le territoire français par des clubs canins d'utilisation. Elles se déroulent généralement durant un WE et proposent des niveaux allant du brevet au niveau 3.
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Principes de la "Recherche Utilitaire" :

Le principe est simple. Une personne s'égare volontairement sur une certaine distance (entre 750m et 2000m) dans des zones aussi bien rurales qu'urbaines et après un certain délai un chien, grâce à son flair devra, en suivant approximativement le même cheminement, la retrouver et l'identifier.

Au cours de son errance cette personne qui trace de fait une piste que devra suivre le chien, doit:

  • Laisser échapper des objets de différentes natures.

  • Longer une ou des routes à faible circulation, emprunter: chemins, sentiers, layons et/ou traverser des prés, pâtures, hameaux, villages et/ou tout espace de lieux vivants.

  • Franchir des obstacles comme: carrefours, espace boisés, buissons, fossés, passer des clôtures, etc.

  • Progresser sur différents sols : herbe, champ labouré, chemin de terre, pierreux, goudron, ciment.

  • Et enfin une fois au bout de son tracé, se dissimuler plus ou moins, pour permettre au chien de la découvrir.

Le but de cette activité étant de favoriser au mieux la progression du chien dans son niveau, les difficultés énumérées ci-dessus seront plus ou moins cumulatives sans pour autant présenter pour le chien des obstacles insurmontables .


Calypso. Epagneul Breton F. Découverte d'un objet.

Une fois cette trace dite "posée" et après un certain délai qui va de 1h30 à 4h00, un postulant se présente avec son chien sur le lieu proche du départ de la piste (dite zone de départ).  Après les présentations classiques auprès du juge, il lui est présenté une personne "témoin de sa disparition" qui devra répondre à quelques questions comme :

  • Donner le signalement de la personne disparue.

  • Expliquer les circonstances de sa disparition.

  • Délimiter sur le terrain une zone dans laquelle a été aperçue la personne à retrouver.


Erton de l'Age Baston. Bouvier des Flandres M. Au départ d'une piste.

Après cette enquête, le chien est mis en présence d'un référent (objet porté par la personne au cours de sa trace). Il va avoir comme mission de retrouver la personne "disparue" tout en découvrant un certain nombre d'objets sur la piste.  Il dispose d'un délai variable en fonction de son niveau (de 30 minutes à 1 heure 30).

Un juge de la SCC accompagné d'un commissaire qui connait le tracé de la piste et l'emplacement des objets,  suivent le chien à distance, assure la régularité de cette épreuve et accorde en fonction des résultats une mention ou pas sur le carnet de travail du chien.
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LES ODEURS


La trace :

Une trace est une suite de molécules odorantes qui, à partir d'une source, ont émané et se sont déposées tout au long d'un parcours. Le chien pour progresser vers "sa récompense" doit repérer au sol et/ou dans l'environnement immédiat les résiduels odorants en rapport à sa motivation première. C'est en suivant la linéarité chronologique des odeurs liées au référent, que le chien avance vers son but.

 

Evolution d'une trace :

 Un des critères pour qu'une molécule soit odorante réside dans sa volatilité. C'est cette légèreté qui lui permet de s'intégrer à la masse d'air environnante.  Cette masse d'air subit des mouvements liés aux vents et/ou aux conditions climatiques. L'association de ces deux facteurs (légèreté et mouvement) explique le déplacement des odeurs.

Les molécules une fois libérées dans un milieu extérieur, ne vont pas rester statiques mais vont se déplacer à la manière d'un fluide. Elles vont subir les contraintes physiques et chimiques de leur environnement immédiat dans lequel elles évoluent: se déplacer, se disperser, se fixer sur des supports, s'accumuler dans des réceptacles, se diluer au contact d'autres éléments, être transportées, etc.

Ces divers mouvements migratoires vont amener avec le temps leur dissolution et donc par abaissement du seuil de perceptibilité, leur disparition olfactive. (loi de Fick). C'est la quantité de molécules odorantes (concentration molaire) qui permet à n'importe quel récepteur olfactif de réagir à une odeur. Plus cette concentration sera élevée, plus l'odeur sera décelable. (Daniel Cabrol-Bass et Uwe Meierhenriche  ASI Nice-Sophia Antipoli CNRS, UMR 6001).

Une trace n'est en rien un spectre odorant homogène tout au long d'une piste, mais une suite fragmentée de résiduels d'une odeur présentant plus ou moins de concentration que le chien va s'évertuer à détecter de façon chronologique pour progresser.
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Les modifications structurelles de l'odeur :

Si dans un espace hermétiquement clos, une odeur peut se conserver plusieurs années (Uwe. J. Meierhenrich chargé de recherche au CNRS - UMR 6001 Antipolis) le seuil de détection d'une molécule odorante laissée à l'air libre va plus ou moins lentement disparaitre en fonction des éléments extérieurs dans lesquels elle se trouve.

Par exemple:

  • Le froid par concentration va ralentir sa diffusion alors que la chaleur va favoriser sa dispersion par évaporation et donc va amener sa disparition à plus ou moins long terme.

  • Un environnement humide stable comme des gouttes d'eau, une flaque d'eau, un sol détrempé, un bassin, une mare ou un étang, présente des qualités pour accrocher et retenir la molécule qui s'y dépose. Au contact de l'élément liquide l'odeur se dilue en surface comme une tâche d'huile agrandissant ainsi le spectre odorant.


crédit photo: B. Monginoux.

  • Le temps établit une chronologie qui va du plus froid au plus chaud et donne un sens à une trace. Toutefois plus l'environnement sera ouvert, plus le temps va contribuer à la destruction partielle à totale, de la molécule odorante.

  • Une molécule odorante ne se modifie pas au contact d'autres molécules odorantes. C'est leur nombre qui va contribuer à la rendre plus ou moins perceptible. Par l'apprentissage les chiens de recherche de stupéfiants ou d'explosifs savent très bien par discrimination repérer une molécule recherchée au milieu de molécules dites "occultantes".

Enfin comme le cite Yves de Meulière dans sa thèse de l’École vétérinaire de Maisons-Alfort sur les Équipes Cynotechniques Sapeurs-Pompiers de France (Ecole Nationale vétérinaire d'Alfort - année 2008) :

«Un autre élément vient encore compliquer cette structure odorante pluraliste de la piste. En effet, la composition en odeurs du tracé varie en fonction du temps. Ainsi, durant la première demi-heure après le tracé, l’image olfactive de la piste se compose principalement d’essences végétales assez éphémères et d'odeurs humaines. Par la suite, les effluves humaines s'intensifient peu à peu pour devenir majoritaires entre la première et la deuxième heure. Elles diminuent ensuite progressivement, alors que commence le dégagement des odeurs de putréfaction des débris végétaux et animaux. En fin de compte, l'odeur végétale devient prédominante vers la quatrième heure et le reste pendant près de vingt heures, bien qu'elle s'atténue petit à petit. Cette variabilité a une importance considérable dans le travail du quêteur».
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Les déplacements mécaniques des molécules odorantes :

Comme tout fluide en mouvement une odeur va subir des contraintes physiques.

exemples:

  • L'odeur se disperse à partir du corps humain sous forme de molécules odorantes natives. Dans cet état la molécule odorante qui est un corps stable et homogène aura tendance, en raison de son propre poids, à se déposer et/ou "s'accumuler" dans des fonds. Il est dit qu'elle gravite.


crédit photo: Denis Lapointe.

  • En raison des conditions climatiques elle ne va pas rester stable et va passer par différentes séquences comme par exemple la concentration ou l'évapotranspiration. Il est dit qu'elle "se replie" ou "se déplie". 

  • Plus le sol sera humide, plus l'odeur va s'y conserver et s'y concentrer.

  • Par contre si le même support subit le phénomène d'évapotranspiration (comme par exemple un brusque réchauffement d'un sol avec l'apparition du soleil) elle aura tendance à monter en se diffusant avec comme point extrême sa disparition olfactive.

  • Le déplacement des masses d'air, comme le vent, vont contribuer au "transport" aérien des molécules odorantes. Au cours de ces mouvements il va contribuer à "nettoyer" ou "laver" certaines zones où se trouve cette odeur alors que d'autres zones en seront des réceptacles cumulatifs comme : trous, fossés, caniveaux, zones abritées du vent, etc... Si l'humain a bien souvent du mal à appréhender les déplacements des masses d'air et ses zones de concentration (Pierre Gauthier, chercheur, université du Québec à Montréal, spécialiste en olfactométrie au département des Sciences de l'atmosphère précise " ... il n'existe aucune constance dans le principe des déplacements des masses d'air...), les chiens savent très bien naviguer dans ces spectres olfactifs en utilisant le moindre résiduel d'odeur et ce qui peut paraitre une divagation est bien souvent une recherche.

  • Les fonds de vallée qu'ils soient secs ou humides constituent de véritables pièges aux molécules par le simple fait que la configuration géomorphologique y crée, dans un espace clos, une surpression. Dans ces contextes particuliers, que l'on rencontre souvent aux heures matinales, l'absence de mouvement de l'air conjuguée à la pression atmosphérique y stockent les molécules  qui présentent une limite haute franche au delà de laquelle le chien a souvent du mal à s'extraire.

  • Le support géologique a une prépondérance quant à la conservation d'une trace. Le sable qui est un support poreux aura tendance, par effet drainant, à faire disparaitre plus rapidement une odeur alors qu'un support imperméable comme l'argile à forte concentration humifère contribuera à une bonne fixation des odeurs. Comme la capacité de rétention des fluides par un substrat dépend essentiellement de sa granulométrie, en règle générale leur écoulement est largement favorisé en présence de supports poreux tels que sable,  pouzzolane et/ou toute roche détritique. (Antoine Iskandar, Ecole Nationale des Ponts et Chaussées - capillarité des substratum). Il n'est pas rare de constater des résultats moins probants pour les chiens qui découvrent ces contextes géologiques. C'est une des raisons pour laquelle les chiens opérationnels de l'administration sont sectorisés.

  • Dans le cas particulier d'une eau courante, si le mouvement de l'eau a amené avec elle une grande partie des molécules odorantes qui se sont déposées sur sa surface, un important résiduel d'odeur pris par le courant va, au cours de son transport vers l'aval, rester accroché aux berges. Cette fixation d'odeur le long des berges est un véritable piège pour le chien par le fait qu'elle crée, dans le sens aval, une trace artificielle, d'autant plus favorisée par le contexte "fond de vallée". Cela est aussi bien valable du simple ruissellement au sol qu'avec un ruisseau ou une rivière.
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  • La pluie qui tombe ne fixe pas systématiquement les odeurs au sol. Par effet de choc une gouttelette de pluie éclate et devient aérosol. Elle contribue ainsi à projeter vers le haut la molécule odorante qui s'y trouve.
    exemple: l'odeur de la terre soulevée par une pluie sur un sol sec.

Une équipe de scientifiques du "MIT" (Massachusetts Institute of Technology) a filmé la chute de gouttes de pluie afin de comprendre l'origine du phénomène appelé "petrichor" (odeur particulière que prend la terre après la pluie). On peut y voir la goutte s'aplatir en touchant le sol avant de projeter des bulles microscopiques dans l'air.
Les chercheurs ont réalisé leur expérience sur différents types de sols et avec différentes vitesses de gouttes. Ils sont arrivés à la conclusion que la propagation d'odeurs est plus importante quand le sol est légèrement poreux et que l'intensité de la pluie reste modérée.

 


LE VENT ET LES ODEURS


Odeurs versus fumée :

Dans ce chapitre, l'image olfactive invisible à nos yeux, a été traitée comme de la fumée.

Denis Lapointe* dans son intéressant article  - Dispersion des odeurs, ce que 120h de fumée m'ont appris - cite :  Avant d’entreprendre quoi que ce soit, j’ai d’abord vérifié auprès d’une firme d’ingénieurs experts-conseils en olfactométrie (Consumaj & Onose) si le déplacement des odeurs dans l’air était comparable à celui de la fumée.... Denis Choinière, directeur de la division environnement, m’a confirmé que oui, "Bien qu’il s’agisse de molécules différentes, la simulation avec de la fumée reproduirait très bien la dispersion des molécules d’odeurs dans l’air".

 

L'incidence du vent :

Le chien a besoin de suivre une odeur de référence pour avancer. Il cherche et trouve cette odeur dans la masse d'air qui l'entoure, mais le  vent en donnant du mouvement à cette masse d'air déplace cette odeur. La progression du chien sur une recherche ne sera donc pas dans la linéarité du poseur, mais dans une suite successive de résiduels d'odeur que le vent aura plus ou moins déplacés, plus ou moins loin de l'axe de la trace initiale, entre les moments de la "pose de la trace" et de sa "lecture".

 

L'absence de vent :

Il est très rare qu’il n’y ait pas de vent. Il existe toujours, même de façon imperceptible, un léger déplacement d'air qui transporte les odeurs. Comme une fumée, l’odeur se déplace en s’agrandissant lentement et ce qui peut être considéré comme une absence de vent est bien souvent une condition "traîtresse" qui permet difficilement de localiser où les odeurs sont entrainées.
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Le vent léger : 

Un vent léger est un avantage notoire dans la mesure ou nous pouvons cerner facilement sa direction. Toutefois, si la zone présente beaucoup d'échappatoires, cela complique la recherche du chien par le fait que le faible déplacement de la masse favorise, la dissémination des odeurs sur une courte distance.

 

Le vent fort : 

Le vent fort n’est pas un inconvénient comme il serait facile de le penser. L’avantage du vent fort est qu’il établit une constance directionnelle tout en réduisant le cône des odeurs. Ce qui laisse à penser que même si l’odeur va se déplacer bien plus loin, elle va garder une forte concentration. Même éloignée mais fixée sur un support elle y sera moins diffuse et donc plus facilement décelable.
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crédit photo: Denis Lapointe.

 

Le vent dans les bois :

Par le fait qu’ils constituent naturellement des abris, le vent a bien moins d’amplitude dans les bois et les odeurs s’y retrouvent prisonnières. Il n'est pas rare de constater qu'un objet posé dans un bosquet transforme en entier ce dernier en gros objet et dans lequel le chien a du mal à trouver une direction précise.

Cette concentration d'odeur attire le chien, qui peut avoir du mal à s'en extraire.. Il apparait normal que plus le feuillu sera important, plus les odeurs y seront emprisonnées.


crédit photo: Denis Lapointe.

 

Le vent dans les zones humides :

Les zones humides constituent des réceptacles pour les odeurs transportées par le vent qui s'y déversent et s'y stabilisent en étalement gravitationnel. Les chasseurs appellent ces accumulations d'odeurs "zone de brûlage de chasse" où l'odeur humaine s'y installe et où pendant plusieurs heures (10/18 h) aucun gibier ne s'en approche.

 

Le vent dans les zones dégagées :

Ce n'est qu'au niveau du sol que va se fixer et se conserve l'image olfactive de la trace. Toutefois si le "lavage" y est important, le moindre obstacle en planimétrie présentera un "micro réservoir" de molécules.


Par l'effet du vent, le phénomène "venturi" qui forme, des accumulation de sable derrière des obstacles,
produit les mêmes accumulations de résiduels d'odeurs.

Il n'est pas rare de voir dans ces zones les chiens progresser en faisant du repérage de creux en creux. La linéarité de la trace échappe souvent à la recherche du chien au profit d'une progression qui s'appuie sur le sens des sillons, des ornières mais aussi des marges de chemin. Le chien au foulement y sera favorisé en restant au plus prés de la trace au sol, alors que le chien en quête pourra aller plus loin chercher des repères.

 

Le vent intermittent et turbulent :

Ce sont sûrement les conditions les plus complexes à appréhender par l'humain dans la mesure où, même si le déplacement de la masse se fait dans une direction donnée, en fonction des obstacles naturels, artificiels ou physiques le déplacement des odeurs va présenter des "zones de repos, de vide et/ou des zones de compression/dépression" qui vont favoriser soit des bulles d’accumulation, soit des bulles totalement vierges de toute odeur et entre lesquelles le chien va donner l'impression de divaguer.

La multiplication de ces "anomalies" va sérieusement compliquer la recherche du chien. Il est à noter que ces phénomènes se rencontrent avec toutes les sortes de puissance de vent.
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LE CHIEN


Les facultés olfactives du chien :  

Avec environ deux cents millions de cellules olfactives, (l'homme en possède environ 5 million), il est facile de comprendre qu’un chien dont la sensibilité olfactive peut être, selon le type d'odeur considérée, de 200 à 10 000 fois plus grande que celle de l'homme, (Marshall and Moulton, Chem Senses,1981 ; Krestel et al., Neurosci Biobehav Rev, 1984) puisse reconnaître sans difficulté un chiffon portant notre odeur au milieu d’un tas de chiffons.

C'est en associant l'atavisme du chien pour la recherche d'une proie et son extraordinaire sensibilité olfactive discriminante, que l'on va former des "tandems chien/conducteur" capables de suivre une piste et retrouver une personne.
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La recherche du chien :

Le chien qui recherche fait appel à ses qualités olfactives pour conserver en mémoire "le code" de la molécule de l’odeur qu'il doit retrouver. Au départ le chien mémorise sous forme d'un codage une odeur  qui lui est présentée (le référent). Tout au long de la trace sur laquelle il progresse, il va devoir pour avancer faire l'association entre le code d'origine qu'il a mémorisé et le/les codes qu'il rencontre au fur et à mesure.

Exemple: le résiduel d'une trace qui passe d'un support herbeux à de la terre ne subit pas les mêmes conditions de conservation et donc son codage en est différent. Il ne sera donc pas rare d'observer des hésitations du chien sur les marges de ces changements de support. Ce n'est qu'au bout d'un moment, après un travail de reconnaissance et de prospection qui pourrait paraitre de l'hésitation, que le chien va, après avoir fait une nouvelle association entre son odeur référentielle mémorisée au départ et ce nouveau codage, reprendre de la puissance et continuer sa progression linéaire. De fait il se reprogramme…
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Ciska du Pré Historic. Berger Belge Malinois F. Zone de changement de support.

En fonction du contexte mais aussi de sa propre façon de travailler, certains chiens peuvent rechercher en restant au plus prés du spectre odorant initial alors que d'autres vont travailler jusqu'aux marges des odeurs. (parfois plus de 100/300m)

La méthode du chien est très basique. Soit il recherche au "foulement", travail du chien avec sa truffe au plus prés du sol où le chien y recherche sa référence, soit en "quête", travail du chien avec la truffe au vent où il recherche sa référence dans les effluves aériennes.

Au foulement sa progression détective est limitée aux résiduels qui restent accrochés dans l'environ immédiat d'un niveau proche du sol. Cette méthode permet au chien une progression linéaire plus ou moins continue en fonction des zones in-situ de l'odeur. Cette progression se fait toujours naturellement dans le sens de la piste. Sur ce dernier point, il est nécessaire de passer par un apprentissage spécifique pour apprendre à un chien a suivre une trace à contre sens.


Reine des Prés de l'Estaubé. Berger des Pyrénées F. Détection de molécules.

En quête le chien va chercher dans l'air environnent les effluves que lui apporte la masse d'air en mouvement. C'est un moyen efficace qu'utilise les chiens de chasse pour aller directement et contre le vent vers la source recherchée. Mais cette progression peut ne pas tenir compte du tracé au sol et donc se trouve en totale contradiction avec l'essence même de l'activité "Recherche Utilitaire" qui fixe dans sa finalité : "Retrouver une personne au bout d'une piste en suivant sa trace et en repérant un certain nombre d'objets perdus".


Fétiche de Montribois. Berger Picard M. Recherche en quête.

 Il faut ajouter que ce soit en recherche ou pour aller sentir et parfois suivre des traces de séduction, comme par exemple les odeurs de sauvagine et les odeurs d'autres chiens, il utilise les mêmes méthodes et tout en donnant l'impression de rechercher en suivant une odeur "plus intéressante pour lui" il "décroche" de son odeur de référence sans que le "conducteur" puisse s'en apercevoir.

Ces différents comportements sont souvent déroutants pour le "conducteur" et ce n'est qu'une parfaite connaissance de la méthode de travail de son chien qui peut apporter la nécessaire harmonie et sérénité au "tandem" pour être efficace.
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L'apprentissage :

Comme pour toute  activité canine, il sera nécessaire d'associer la recherche à un jeu qui amène le chien à découvrir SA "récompense".

Par l'application d'un protocole, il est fondamental de faire comprendre au chien que, même si les lieux sont identiques ou semblables, entre l'activité "balade" et l'activité "recherche", les choses ne se passent pas tout à fait de la même façon. Si en balade c'est la liberté qui l'emporte, en recherche cette pseudo liberté doit être encadrée.

Au cours des premiers exercices et après le protocole de préparation qui sera toujours le même (excitation du chien à la présentation d'une poche contenant l'odeur du référent, mise en place du harnais, vue de la longe) le chien va apprendre à associer l'odeur laissée dans l'environnement au cours du cheminement d'une personne qui "s'est égarée" avec l'odeur qu'elle aura laissée sur un vêtement personnel (le référent).


Guapa Sun de Leus Altier. Hovawart F. Mise en présence du référent.

Chez le chien débutant, on va vite constater que cette "pseudo" liberté qui lui est offerte lui donne l'occasion de se disperser sur toutes les odeurs qui seront intéressantes pour lui. A ce niveau d'apprentissage il sera nécessaire de lui faire comprendre que tout écart de son odeur de recherche lui est interdit. Toutefois cet interdit devra être associé à un signe de satisfaction lorsque le chien va faire un retour positif sur la piste. En fait le chien doit apprendre que ce n'est seulement qu'en suivant une odeur précise qu'il fait plaisir à son "conducteur". C'est du travail positif circonscrit sous forme d'une liberté encadrée.

Il va également apprendre à savoir repérer et montrer à son maître des objets que la personne "perdue" aura laissé sur sa trace. Ce point est important dans la mesure où la découverte de ces objets seront des jalons positifs, que ce soit dans la progression olfactive du chien que pour la tête du "conducteur".


Caïd. Cairn Terrier. Découverte d'un objet et récompense.

Ce n'est que lorsque les principes ci-dessus seront acquis que l'éducation en recherche pourra s'orienter sur la gestion de tout type de situations comme:  aborder de façon positive un/des changements de direction et de terrain, des pénétrations de buissons, longés de route, rencontres de personnes et/ou d'animaux, rester dans la motivation de recherche malgré la rencontre d'odeurs de faune et de flore plus intéressantes pour lui, savoir appréhender les bruits, les rencontres bizarres sur une piste, etc... Tout cela passera par le développement et l'entretien de la motivation à la recherche qui restent le moteur essentiel de la réussite.
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Quels sont les chiens qui peuvent faire de la recherche ?

Si la qualité première du chien est qu’il doit être parfaitement équilibré, il est courant de trouver dans un groupe d’entrainements des chiens de races diverses qui peuvent avoir des résultats similaires et à contrario des chiens de même race avec des comportements différents… Tout va se jouer dans le tandem indissociable "chien/conducteur" où tout est question de travail et de patience.

Berger Allemand

Berger Australien

Berger Australien

Berger Australien

Berger Australien

Berger Australien

Berger Blanc Suisse

Berger Belge Malinois

Berger Belge Tervuren

Berger Belge Tervuren

Berger Belge Tervuren

Berger de Podhale