Texte de Pierre Querrien *

Remarques sur le parcours de Brevet et de Niveau 1
en Recherche Utilitaire

Texte de Pierre Querrien, formateur au GTRU, correspondant Régional (Basse et Haute Normandie).

Bien connu dans le monde de la RU pour avoir repris les préceptes de Mr Robby, fondateur de la discipline.

 

Pour moi la réussite est conditionnée par une remise en cause permanente en fonction de chaque nouvelle équipe. Les explications que je donne dans l’article ci-dessous m’ont toujours donné de bons résultats quelles que soient les équipes et les races. Maintenant une « méthode » est bien sûr toujours perfectible. J’ai essayé de mettre en avant des bases de réflexions simples mais indispensables et surtout qui « PARLENT » au chien.

 

Chapitre 1 : Introduction

Pour une équipe débutante ou en cours de formation, la pose des objets est déterminante dans la progression et le devenir de l’équipe et avant toute chose il est indispensable que la motivation pour recherche un objet soit très forte pour le chien.

 

C’est donc avec la plus grande conscience que le formateur devra concevoir, appliquer, mettre en place et corriger un tandem pendant les périodes d’apprentissage.

 

Pour cela pour la mise en place d’une piste d’apprentissage, il va devoir prendre en compte :

  • Les vents,

  • La texture et la grosseur des objets,

  • Leur pose,

  • Les assises du sol et les pentes des terrains,

  • L’hygrométrie,

  • La période de la journée,

  • Les saisons,

  • Le refroidissement du parcours,

  • Éviter au maximum les distractions (auditives, visuelles, olfactives).

Il est bien évident qu’au fur et à mesure l’équipe sera progressivement exposée à tous ces problèmes. La pose doit permettre au chien d’évoluer et de travailler en rencontrant des situations adaptées à son niveau. Le rôle du poseur est de donner à notre compagnon tous les moyens qui vont lui permettre de gagner.

 

Pour moi, le parcours se compose de trois parties :

Le départ : il conditionne la motivation du chien et le soulagement de l’accompagnateur, ou le stress ;

Le parcours

L’arrivée : elle doit dans les premiers temps permettre une DÉTECTION de l’objet ou de l’homme à 20, 40 ou 50 mètres.

 

Pour ces deux niveaux, Brevet et Classe 1, l’orientation du parcours se fera toujours en profondeur ; il faut absolument éviter les parcours en boucle.

 

 

Chapitre 2 : Le Départ

Il sera tenue compte du fait que les odeurs vont toujours suivre le sens aval de la pente et donc il sera préférable de faire un départ dans la partie la plus basse de l’aire de départ pour ensuite progresser vers le haut.

Dans des espaces de 3 à 400 m2 (une jachère, un herbage, etc.) avec des vents favorables (face, ¾ face) à partir d’une zone dite de référence, je fais un point chaud, slalome en profondeur et en largeur sur une dizaine de mètres (Avec le vent favorable, ces allées et venues vont permettre au chien d’avoir dés le départ un maximum d’odeurs et sa motivation n’en sera que renforcée).

Continuer 5 à 10 mètres en ligne droite et poser un objet sur l’herbe (Pull ou maillot par exemple). Dans les débuts la grosseur de l’objet permettra un meilleur marquage. (Tu restes ; Pas bouger).

Si l’herbe est assez haute (40 cm et plus en jachère) ne pas chercher à cacher l’objet mais au contraire faire en sorte qu’il soit sur la partie supérieure du terrain (Travail sur l’objet).

 

Il est évident que lors de la lecture de ce parcours, l’accompagnateur devra se positionner au minimum à une longueur de longe, voire longe au sol, afin que le chien puisse travailler librement. De ce fait il pourra exprimer son potentiel, sa prise d’initiative et son comportement à la découverte de l’objet. C’est également un excellent moyen pour le maitre de voir comment son compagnon va prendre en compte toutes les difficultés (supposées et qui n’en sont pas peut-être pour lui… !) et la façon de les négocier.

 

 

 

Chapitre 3 : Le Parcours

Explication croquis N°2

En regardant le croquis, on constate que l’on rend le parcours plus ou moins difficile suite à cette marche.

 

Faire très attention à la sortie d’un chemin étroit, bordé d’une haie, à ne pas changer de direction avant 20 ou 30 mètres car les odeurs vont « exploser » et en général le chien doit se reconcentrer.

 

 

Explications croquis N°3 et N°4

Dans la continuité du parcours en profondeur, les vents de coté, nous en profiterons pour faire une traversée de haie ou un passage de clôture face au vent pour se retrouver dans un champ.

 

Si le passage est étroit, mettre un objet (casquette, écharpe) suspendu à 40 cm ou 50 cm dans la haie. (Voir croquis n°3)

 

Si le passage est beaucoup plus large, dégagé (4 ou 5 mètres), mettre l’objet sur le sol à environ 10 ou 15 mètres, toujours dans l’axe du vent. (Voir croquis n°4)

 

Ensuite, dans le champ, il y a trois possibilités :

  • Continuer face au vent ;

  • Vent de ¾ face à droite ou à gauche ;

  • Vent de coté.

 

 

Explications croquis N°5 : Vent de face

Selon la distance et la force du vent, mettre un objet tous les 80m à 100m. (Il se peut que par temps fort, le chien slalome !) La motivation du chien à l’objet le « recalera » sur le parcours.

 Selon la force des vents le chien peut être amené à s’écarter du parcours, l’objet lui permettra de se « recaler ».

 

 

Explications croquis N°6 : Vent de ¾ face droit ou gauche

Après un premier objet dans le champ, continuer 15 à 20 pas et amorcer une légère courbe.

 

Mettre selon la distance un 1er objet à 30 mètres le second à 50 mètres, etc. afin que le chien ne se décale pas trop (Ces objets, selon la tenue de la piste, pourront par la suite être de plus en plus espacés).

 

 Sur certains tronçons, laissez travailler longe au sol. L’accompagnateur étant à distance appréciera la tenue de son chien sur le parcours (Lecture).

 

 

Explications croquis N°7 : Vent de coté, prise d’appui sur une haie

Après le 1er  premier objet, continuer 15 à 20 pas et amorcer une courbe qui vous amènera à être en parallèle à la haie ou à la clôture. Cette fois le vent vous arrivera de coté (il se peut que le décalage du chien soit plus important) donc mettre les objets un peu plus rapprochés

 

La continuité du parcours se fera sur ces bases de réflexion, en exploitant l’environnement, les assises, et en gardant ces règles simples tant pour l’objet que pour les vents.

 

Dans tous les cas de figure, nous ne mettons ici que des objets tissus de grosseur normale (Casquette, Grosse chaussette, Bonnet, etc.)

 

 

Chapitre 4 : Fin de Parcours

 

Prévoir toujours une arrivée vent de face ou de ¾ face & travailler sur un gros objet (Grosse veste, Pull, etc.) suspendue ou au moins légèrement surélevée.

 

Cette façon de procéder permettra au chien de faire une détection à distance (20, 30 ou 50m, voire plus) ce qui va créer chez lui une grande motivation. Il s’en suivra une localisation puis l’identification.

 

Cette fin de parcours peut se faire en libre (longe au sol).

 

Le laps de temps que l’équipe mettra pour rejoindre le chien sera l’occasion de commander à distance un « PAS BOUGER » ou « TU RESTES ».

 

Selon le chien, les félicitations pourront être plus ou moins importantes mais cependant nécessaires et marqueront ainsi la fin du travail.

 

Les arrivées se font sur l’objet (Vestes ou gros pull) et une fois tous les 7 à 8 parcours sur le poseur :

Arrivées vent de Face

Le chien peut très bien arriver en restant dans le pas ! Important  Penser à faire asseoir son chien et remettre les objets au poseur en sa présence.

 

 

Chapitre 5 : Remarques Générales

 

En utilitaire, il ne faut pas vouloir aller trop vite.

 

Il est très important de bien apprendre à lire son chien donc de savoir créer des « mises en situation » qui vont nous permettre de voir comment notre compagnon va les négocier lui et lui seul.

 

Si au cours des épreuves, le nombre d’objets est de 5, à l’entrainement rien ne vous empêche d’en mettre 10, 12,15  selon la nécessité, en soignant la pose (toujours dans le pas) d’une grosseur normale (casquette, gant, bonnet)

 

Les objets sont personnels et fortement imprégnés.

 

Il ne faut ni exciter ni jouer avec l’objet posé sur le parcours. Le jeu se fera éventuellement avec un autre objet à la fin du parcours après la remise des objets au poseur.

 

 

Chapitre 6 : Recommandations

 

Quels que soient les problèmes, éviter de rentrer en conflit avec votre compagnon.

  • Ne pas s’énerver.

  • Faire preuve de patiente.

  • Être toujours fixé sur son chien, car lui seul a l’initiative et pourra donc donner des indications à son maitre.

  • Lâcher sa longe si besoin.

  • Faire attention aux relances après un objet (Prendre en compte les vents).

  • Être très vigilent pour le marquage, le chien après l’identification relève la tête :

  • Ne doit pas bouger ;

  • Doit attendre son maitre ;

  • Et ne repart qu’à son ordre.

  • Ne pas être avare de félicitations. Même le chien le plus endurci y est toujours très sensible (regarder bien son fouet !).

  • S’il y a distraction il n’y aura PEU ou PAS de motivation.

  • Sur la  piste pas de distraction

Le pourquoi et comment de l’objet

 

Pourquoi ?

  • Élément indispensable à la motivation ;

  • Associé au « SNIFF », moyen de communication dans l’équipe ;

  • Moyen technique pour appréhender certaines difficultés ;

  • Pose et récupération à un endroit précis du parcours ;

  • Autogestion de la pose et de la relève d’un parcours en tenant compte des vents et donc début de l’apprentissage de la lecture du chien.

Comment ? (pour le « débourrage » à l’objet)

--Texture ;

--Pose ;

--Tout au long de la formation ;

--Par le marquage.

 

Sa texture: Privilégier le tissu (pour les entrainements) très imprégnés (les garder en permanence dans un sac fermé). Plus tard, on introduira cuir, bois, carton, plastiques (environ 20 cm2).

 

La pose: Au cours du débourrage qui est le premier contact avec le maître (ou le formateur) et l’objet, il est très important d’y associer le « SNIFF ». Ce signe acoustique, accepté par tous les chiens, déclenche l’envie de chercher et l’intérêt pour la personne qui lui présente cet objet (=Plaisir).

 

Quel que soit le lieu, l’environnement, l’assise nous importe peu, c’est le chien qui décidera la manière la plus efficace pour chercher l’objet :

  • Foulement,

  • Quête.

Mon maître SNIFF = Je cherche un objet

 

Dans cette démarche, nous n’imposons pas au chien une structure de parcours qui lui permettrait de chercher d’abord une référence sol. Il se peut que selon la mise en place du chien la référence sol (piste) n’existe pas mais par contre nous aurons celle des effluves (quête).

 

Deux raisons à prendre des objets tissu et volumineux en fibres naturelles (dans les premiers mois) :

·         Ils développent une masse importantes d’effluves ;

·         Ils permettent une fixation durable (Marquage).

 

 

 

 

 

Exercices sur l’Objet :

 

Ces exercices se feront en libre, longe au sol, toujours avec des vents de face ou de ¾ face, et la pose dans le pas.

 

Ne pas oublier :

  • Féliciter son chien (à doser en fonction du chien) ;

  • Rester calme ;

  • Ne pas rentrer en conflit ;

  • Reprendre l’exercice si besoin. Au fur et à mesure de la progression, nous pourrons poser le premier objet à 20, 40, voire 60 mètres ;

  • Soyez patients, n’allez pas trop vite et laissez au chien un temps d’imprégnation de ces exercices ;

  • Faîtes court mais bien.

Ces exercices étant toujours gagnants et exécutés avec précision, nous proposerons quelques variantes avec de grands « S » mais toujours en profondeur.

 

 

 

 Mettre des objets à chaque extrémités des courbes et nous regarderons avec intérêt comment le chien va négocier ces légères courbes. « C’est lui qui décidera, étant en libre ».

 

Plus tard nous pourrons aborder les changements de direction (avec vent de coté ou ¾ face). (Voir l’article Brevet ou Niveau I dans le bulletin N°2).

 

En fin de parcours, après la découverte, la récompense pourra se faire avec un objet appartenant au chien (ce n’est ni obligatoire, ni indispensable). Cependant, n’oubliez pas les félicitations et quelques caresses !

 

N’oubliez pas de poser un nombre important d’objets en fonction de la difficulté et des distances.

 

Il se peut qu’après un certains nombre de changements de direction, le chien privilégie la piste au détriment de l’objet. Pensez dans cette zone à poser un objet tissu à mi-hauteur, qu’il pourra détecter à distance. Le chien alors se remobilisera.

 

Soyez très vigilant avec la pose d’objets en sous-bois (descente ou montée). Pour moi il est préférable d’attendre que le chien ait une bonne maîtrise dans sa tenue du parcours et dans sa technique de relève. N’oublions pas que les odeurs rebondissent sur chaque arbre et peuvent entrainer le chien sur une distance éloignée du parcours sans qu’il puisse se relever.

 

Les objets ne seront jamais posés avant une difficulté, encore moins dans un croisement ou un changement de direction, mais 40 m, 50 m après. (Attention à la mécanisation dans les distances de pose de l’objet !)

 

Garder en tête la motivation à l’objet en tout lieu.

·         A la maison :

  • Au bord d’une table de salon ;

  • Sur un barreau de chaise ; etc.

·         Sur le parking :

  • Jardinière de fleurs ;

  • Sur le pare-chocs ou la roue d’une voiture ;

  • Suspendu sur un support porte panneau ; etc.

·         Sur une aire de jeux :

  • Banc ;

  • Encadrement poubelle ;

  • Borne incendie ; etc.

·         Au club :

  • Sur certains obstacles ;

  • Ou éventuellement à l’intérieur du local du club ; etc.

Ainsi vous associez votre compagnon à tous vos déplacements. Le « SNIFF  = Objet » pourra être renforcé au sein de l’équipe. Mon maître a « sniffé », je dois chercher un objet lui appartenant et ce en tout lieu sans obligation de parcours.

 

Cet exercice peut également être fait par une personne étrangère (Ne pas oublier de donner une référence au chien).

 

Résultat :

  • Plus grande motivation dans vos départs ;

  • Diminution, voire à court terme disparition des distractions olfactives sur les parcours !

 

 

Deux exercices pour le travail au vent du chien….

 

Pose d’un parcours d’environ 160m à 200m sur assise verte. Permettre à l’accompagnateur ou au poseur de prendre en compte l’orientation des vents, de les exploiter au mieux pour créer des mises en situations recherchées.

 

Partir vent de coté.

  • Pose du premier objet : Point chaud + veste.

  • Faire un grand pas et continuer sur environ 25m.

  • Pose du second objet : Point chaud + Pull.

  • Même scénario pour la pose du troisième objet : Polo.

  • Continuer sur ~15 m et faire une large courbe pour terminer vent arrière.

  • 30m après le troisième objet, pose du quatrième objet dans la courbe.

  • Puis du cinquième.

  • Et enfin une grosse veste.

 

 

 

Procéder de la même façon que pour le parcours précédent, 1ier, 2ième et 3ième objets. Par contre, après le 3ième objet, 3 cas de figure, selon le chien et la force des vents :

  • Le chien reste ferme sur ses pas et arrive à l’objet par la piste

  • Il se décale légèrement dans la courbe, se repositionne par rapport au vent et à l’objet. Cependant après le 5ième objet, il peut être amené à se décaler de droite et de gauche de 1mètre à 1,5 mètres.

  • Le chien reprend le parcours sur quelques mètres et « titillé » par les odeurs de la veste apportées par le vent, ira directement au bout en occultant à la fois le 5ième objet et le parcours.